• Le Parisien Magazine, 20 septembre 2013

    Le Parisien Magazine, 20 septembre 2013

    Tablier bleu nuit et pince à coudre entre les genoux, Edwina de Charette de la Contrie s'affaire à la piqûre d'un porte-cartes. Dans son atelier-boutique de la rue de la Sourdière, non loin du marché Saint-Honoré (Paris 1er), elle offre chaque jour à ses clients leur sac idéal, avec le précieux concours de deux artisans, Valérie et Jérémy. Elevée dans le respect du "savoir-faire d'exception", l'ex-rédactrice en chef de l'émission culturelle "Paris Dernière" (diffusée sur la chaîne du câble Paris Première depuis 1995) a longtemps collectionné les sacs sans jamais arriver à "se reconnaître" dans aucun.

    L'excellence du cousu main
    L'envie d'une pièce sur mesure et les "complications de l'accès à l'artisanat" conduisent Edwina à se former aux côtés d'un maroquinier d'excellence oeuvrant pour les maisons de luxe. Dans la foulée, elle crée sa marque, laContrie, inspirée par l'univers de Savile Row, le quartier londonien des tailleurs. Les férus de sacs et d'accessoires en cuir sont conquis, ainsi que Colette, le magasin très branché de la rue du Faubourg-Saint-Honoré (Paris 1er), pour lequel la créatrice a imaginé un porte-tickets de métro.Depuis l'ouverture de sa boutique en 2011, les amateurs du monde entier sont séduits par le mélange de tradition et de design contemporain et par la personnalisation poussée à l'extrême de laContrie. Ils entrent chez elle avec des souhaits précis ou des désirs plus vagues, pour commander des pièces qui leur ressemblent. En offrant un service rare de personnalisation, la jeune marque évolue à contre-courant de ses aînées et de leurs productions en série. Elle parvient pourtant à afficher des prix souvent inférieurs à ceux de ses concurrentes, en réduisant ses marges et son budget de communication.

    70 couleurs et 7 modèles
    Ses sept modèles de sacs et les différents accessoires se déclinent à l'infini. Libre alors au client de "créer" son sac, dans les moindres détails. Il choisit le type de peau, lissé ou grainé (vache, veau barenia d'origine alsacienne, taurillon, autruche, chèvre…), la couleur (parmi les 70 proposées), la doublure (cuir, velours, toile unie ou à motifs), le nombre de poches intérieures, les bijoux d'ornement, les boucles de fermeture, les zips, les poignées, les bandoulières jusqu'aux surpiqûres et au fil de la doublure. En outre, on peut grâce au marquage à chaud choisir d'y inscrire lettrages ou blasons. Chaque pièce est ensuite intégralement façonnée à la main par un seul et même artisan dans des matériaux exclusivement français, et livrée dans un délai de deux à trois mois. Sacs en cuir de 1200 à 30 000 euros selon les commandes, bracelets, pochettes, porte-cartes, portefeuilles et ceintures à partir de 90 euros… toutes les créations de laContrie "se patinent et se bonifient avec le temps" et portent le nom d'une rue du 1er arrondissement. Ainsi, Edwina n'a pas résisté à baptiser l'un de ses porte-monnaie "Grande Truanderie" !

    par Hélène Brunet-Rivaillon